La biographie, entre reconnaissance et témoignage


La passation de mémoire, un moteur de l’écriture




Toute biographie pourrait être sous-titrée « A la recherche du temps perdu », ou tout au moins « A la recherche du temps passé ».

Il existe plusieurs moteurs puissants à la réalisation d’une autobiographie. Nous les partageons de façon assez équitable.

Tout d’abord, nous avons tous plus ou moins le désir de ne pas disparaître. La finalité de la vie est connue de tout un chacun. Et nos témoins de vie sont somme toute assez peu nombreux.
La tentation est légitime de faire savoir ce que l’on a été. Il y a sous cette démarche, une coloration narcissique qu’il ne faut pas occulter. Ecrire sa biographie, c’est avant tout se faire reconnaître, et non pas seulement se faire connaître. Il doit y avoir un parti-pris de transparence, qui n’est pas forcément facile à tenir, mais qui débouche sur une meilleure connaissance de soi – l’œuvre autobiographique est en quelque sorte un miroir ( et nous savons que certains jours, l’image qu’il renvoie n’est pas aussi flatteuse qu’on le souhaiterait).

Plus modeste mais tout aussi intéressante est la démarche qui consiste à se dévoiler aux yeux de sa famille. Et combien gratifiante ! Vos proches vous voyaient-ils sous le jour sous lequel vous vous montrez alors ? Probablement pas avec autant d’acuité : écrire son autobiographie, c’est aussi rétablir une vérité qui avait peut-être été atténuée, voire distordue, par le quotidien. C’est, d’une certaine façon, retrouver son intégrité.